Discret face au Renault Kangoo Van, le Nissan Townstar EV Fourgon joue pourtant une carte intéressante sur le marché des utilitaires électriques. Autonomie annoncée, charge utile correcte, recharge rapide en option… mais que vaut-il vraiment à l’usage pour les professionnels ? Notre essai du Nissan Townstar EV met en lumière ses points forts, ses limites, et surtout les cas concrets où il devient un choix pertinent pour les artisans et les livraisons urbaines.
L’essai de la rédaction
Le remplaçant du Nissan e-NV 200 réalise une carrière pour le moins discrète sur le marché français, dans l’ombre de son cousin Renault Kangoo Van. Avec une autonomie annoncée de 300 km, la version électrique aujourd’hui à l’essai, s’adresse à des artisans évoluant majoritairement en agglomération.
A l’instar des productions Stellantis, les Renault Kangoo Van et Nissan Townstar Fourgon se partagent 95% de leurs composants. Le VUL nippon se distinguant essentiellement par sa proue plus dynamique et donc moins rondouillarde que chez le français. Une fois n’est pas coutume, la version électrique y ajoute une calandre de type d’abeille du plus bel effet, qui lui confère un côté premium rare sur un utilitaire. Notons que les pare-chocs entièrement peints font partie d’un pack design optionnel et gratuit, qui inclut aussi les jantes en alliage de 16 pouces.
Plusieurs carrosseries, différentes possibilités
A l’image du Kangoo, le Nissan Primastar existe en deux configurations de carrosserie : L1 de 4,48 mètres (notre version d’essai) et la version longue qui atteint tout de même les 4,91 mètres. Evidemment, les valeurs de chargement diffèrent selon les modèles et s’adapteront à votre usage (3,3 m3 pour la version L1 et 3,9 m3 pour la version L2). Concentrons-nous sur le Nissan Townstar EV Fourgon. Ce dernier se targue d’offrir 600 kg de charge utile, une capacité de remorquage de 1 500 kilos et 1,81 m de longueur de chargement. Le japonais dispose en plus d’un joker dans sa manche, à savoir une option qui permet de rabattre le siège passager. En un tour de passe-passe, la longueur de chargement peut atteindre les 3 mètres (… Et même 5 mètres en carrosserie L2).

Il est intéressant de comparer ces valeurs à celles du Citroën ë-Berlingo Van par exemple. Ce dernier offre 3,3 m3 en version L1, une longueur de chargement de 1,8 m, mais se distingue par une capacité de remorquage nettement en deçà du Nissan, avec 750 kg. Toutefois, il dispose de l’option cabine extenso qui permet de rabattre le siège passager avant et d’une trappe déverrouillable, pour augmenter significativement la longueur de chargement.
Justement, en matière d’habitacle, le Nissan Townstar reprend la planche de bord du Renault Kangoo. Force est de constater que l’ambiance est plus moderne et plus cossue que chez Stellantis. Mention spéciale pour les boutons rotatifs servant à la climatisation, du plus bel effet, et la jolie instrumentation numérique (en option). Les plastiques sonnent durs, mais l’assemblage est sérieux, et les rangements très nombreux à l’instar de cette boîte à gants tiroir très pratique ou cet emplacement pour smartphone derrière le levier de vitesses à l’ancienne.
Un moteur suffisant sur route, moins sur autoroute
Dès les premiers tours de roue, on apprécie naturellement le silence ambiant. Quand on se remémore les antiques diesel atmosphériques sur les VUL, on se rend compte à quel point les progrès en confort auditif sont importants. Sous le capot, c’est un électromoteur de 122 ch qui prend place. Une puissance suffisante, d’autant que les 245 Nm sont disponibles immédiatement aux roues avant et sans perte significative de motricité.
En ville, si l’on peste encore et toujours contre les montants latéraux qui réduisent la visibilité, on apprécie la douceur du Townstar EV, et on n’hésite d’ailleurs pas à enclencher le mode ECO qui permet de grappiller quelques kilomètres en autonomie. Le mode Normal s’appréciera forcément davantage sur route et permettra au VUL Nissan d’atteindre avec une certaine difficulté les 132 km/h, notamment avec le vent en face.

Contrairement à ses concurrents Stellantis, le Nissan ne dispose pas de palettes au volant pour gérer la récupération de l’énergie au freinage et/ou rétrograder plus franchement. Tout se gère depuis le levier de vitesse en basculant la commande à droite et en choisissant entre entre trois lois, sans que le plus puissant permette le “One Pedal”. Doté d’une batterie de 45 kWh bruts, le Townstar EV n’offre en revanche pas l’autonomie attendue dans la vraie vie. Notre consommation de 17,4 kWh/100 km lui autorise une autonomie réelle d’environ 250 km, une valeur nettement en dessous de celle obtenue lors d’un précédent essai avec le Toyota ProAce City EV et sa batterie de 50 kWh. Un futur essai comparatif nous permettra de mieux juger les différences entre les modèles.
Le Townstar EV avec sa batterie de 22 kW est de loin le plus convaincant
Pour compenser cette autonomie moyenne, le Nissan Townstar EV peut en option (500 euros HT) disposer d’une charge AC en 22 kW, elle même associée à la pompe à chaleur. Ici, la recharge de 15% à 80% se réalise en 1h30. Cette version est aussi la seule à disposer de la charge rapide en DC 80 kW, qui permet de faire du 15%-80% en 37 min. Notre conseil chez My Utilitaire, oubliez le modèle d’accès 11 kW, et foncez sur la version 22 kW beaucoup plus polyvalente pour un usage professionnel.

Hasard du calendrier, nous avons essayé le Renault Kangoo Van en version diesel il y a peu. L’essai du Nissan Townstar EV met en avant quelques différences dans le comportement routier, notamment en raison du poids des batteries. Le japonais, offre une tenue de route très sûre et un train avant précis, avec toutefois une fermeté supérieure qui est la résultante de son essieu arrière “renforcé”.
Des tarifs bien ajustés
Hors primes CEE (selon critères), le Nissan Townstar EV Fourgon peut être qualifié de bonne affaire, puisqu’il est vendu à partir de 31 700 euros HT en version L1 Acenta 11 kW, contre 33 500 euros HT pour le Renault Kangoo Van E-Tech Advance. Dans cette finition, le japonais dispose d’office de la climatisation automatique, des feux à LEDs, de l’allumage auto des feux, de l’instrumentation numérique et de l’écran multimédia, des aides électroniques à la conduite, mais aussi d’une garantie de 5 ans ! Notre choix se porte plutôt sur la version N-Connecta 22 kW, qui outre sa polyvalence en charge accrue, dispose de l’accès et du démarrage sans clé, du grand écran multimédia avec réplication smartphone, des rétroviseurs rabattables et de la caméra de recul… pour un prix de 33 700 euros HT.

Nissan Townstar EV : pour quels professionnels est-il vraiment adapté ?
Cas concret métier : artisan électricien en zone urbaine
Profil : artisan indépendant, interventions quotidiennes en ville et petite couronne
Usage : dépannage, installation, déplacements courts (50 à 120 km/jour)
Pourquoi le Nissan Townstar EV est pertinent :
Autonomie réelle (≈ 250 km) suffisante pour une journée complète
Silence et confort appréciables en clientèle
Accès aux ZFE sans restriction
Coût d’usage réduit (électricité vs diesel)
Limites à anticiper :
Charge utile limitée à 600 kg (attention aux gros chantiers)
Nécessité d’une recharge quotidienne
Verdict métier :
Très bon choix pour artisan urbain
Moins adapté pour chantiers lourds ou multi-interventions éloignées
Cas concret métier : livreur du dernier kilomètre
Profil : transporteur ou auto-entrepreneur en livraison urbaine
Usage : tournées régulières avec nombreux arrêts
Points forts du Townstar EV :
Conduite fluide et sans à-coups (idéal en ville)
Coût énergétique très faible
Recharge rapide possible (22 kW / DC 80 kW)
Gabarit compact facilitant le stationnement
À surveiller :
Autonomie impactée en hiver ou avec forte charge
Pas de mode “one pedal” pour optimiser la récupération d’énergie
Verdict métier :
Parfait pour la livraison urbaine intensive
Rentable en TCO sur le long terme
Cas concret métier : technicien de maintenance itinérant
Profil : technicien SAV, maintenance réseaux, interventions planifiées
Usage : trajets mixtes ville + route (100 à 200 km/jour)
Les avantages :
Véhicule confortable et moderne (longues journées à bord)
Bon compromis entre volume utile et maniabilité
Image écoresponsable auprès des clients
Les limites :
Performances limitées sur autoroute
Autonomie réelle parfois juste en usage intensif sans recharge intermédiaire
Verdict métier :
Adapté si tournées maîtrisées
Risqué sans solution de recharge sur parcours
Cas concret métier : artisan du bâtiment (BTP léger)
Profil : plombier, menuisier, peintre
Usage : transport de matériel + outillage
Ce qui fonctionne :
Volume utile suffisant pour petits chantiers
Modularité avec siège passager rabattable (jusqu’à 3 m de longueur utile)
Ce qui peut coincer :
Charge utile limitée face à certains besoins métiers
Remorquage possible (1 500 kg) mais impact sur autonomie

Verdict métier :
Bon second véhicule ou usage léger
Pas idéal comme véhicule principal sur gros chantiers
Cas concret métier : gestionnaire de flotte (TPE / PME)
Profil : entreprise avec plusieurs véhicules
Usage : optimisation coûts + conformité réglementaire
Atouts du Townstar EV :
Prix compétitif à l’achat
Garantie 5 ans rassurante
Réduction du TCO (énergie + entretien)
Compatible politiques RSE et ZFE
Points de vigilance :
Nécessité d’installer une infrastructure de recharge
Arbitrage à faire selon typologie des tournées
Verdict métier :
Excellent levier de transition vers l’électrique
Idéal pour flotte urbaine
Notre conclusion
S’il vit dans l’ombre de son frère Renault Kangoo Van, le Nissan Townstar EV Fourgon se veut l’achat malin grâce à son tarif plus serré et à sa garantie supérieure. Il ne lui manque plus qu’une batterie plus importante pour achever de nous convaincre totalement. Mr Nissan ?
FAQ Essai Nissan Townstar EV
Quel est l’autonomie réelle du Nissan Townstar EV ?
L’autonomie WLTP annoncée est d’environ 300 km, mais en conditions réelles, elle tourne plutôt autour de 240 à 260 km selon l’usage. En usage urbain ou périurbain, cela reste suffisant pour une journée de travail classique.
Quelle est la charge utile du Nissan Townstar électrique ?
Le Nissan Townstar EV propose une charge utile d’environ 600 kg, avec un volume de chargement allant de 3,3 m³ (L1) à 3,9 m³ (L2), ce qui le positionne dans la moyenne du segment des utilitaires compacts électriques.
Le Nissan Townstar EV est-il adapté aux professionnels ?
Oui, mais principalement pour des usages urbains ou régionaux : artisans, techniciens, livreurs du dernier kilomètre. Son autonomie et sa recharge rapide optionnelle en 22 kW en font un bon outil de travail à condition d’éviter les longs trajets autoroutiers.
Quelle recharge choisir pour le Nissan Townstar EV ?
La version avec charge AC 22 kW est fortement recommandée. Elle permet une recharge de 15 à 80 % en environ 1h30, contre des temps beaucoup plus longs en 11 kW. Elle est aussi associée à la charge rapide DC 80 kW.
Quelle différence entre Nissan Townstar et Renault Kangoo Van ?
Les deux modèles partagent la même base technique (plateforme commune), mais le Nissan Townstar se distingue par un design plus dynamique, une garantie plus longue (5 ans) et un positionnement tarifaire légèrement plus compétitif.
Quel est le prix du Nissan Townstar EV Fourgon ?
Le Nissan Townstar EV démarre à environ 31 700 € HT en version d’entrée de gamme. La version la plus recommandée (N-Connecta 22 kW) est proposée autour de 33 700 € HT, avec davantage d’équipements et une meilleure polyvalence.
Le Nissan Townstar EV est-il un bon choix face à la concurrence ?
Oui, notamment face aux modèles Stellantis ou au Kangoo Van, grâce à son bon rapport prix/équipement et sa garantie. En revanche, son autonomie réelle reste légèrement en retrait par rapport à certains concurrents mieux dotés en batterie.
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