Le Citroën Berlingo souffle ses trente bougies. Trente ans qu’il roule, transporte, déménage, livre, accompagne les familles et les artisans sur toutes les routes. Trente ans qu’il défie les codes de l’automobile française.
En juillet 1996, la marque aux chevrons prend un risque que personne ne comprend en interne : transformer une camionnette en voiture familiale. Le résultat dépasse toutes les attentes. Plus de 4,2 millions d’exemplaires plus tard, le Berlingo s’est imposé comme une référence mondiale, décliné en essence, diesel, gaz naturel, électrique, mais aussi en versions tous-chemins ou 4×4 avec la collaboration Dangel. Mieux : la première génération est toujours produite en Argentine en 2026.
Ce n’est donc pas qu’un modèle qui fête ses 30 ans. C’est un segment entier — le ludospace — qui célèbre son anniversaire.
Citroën Berlingo : l’ingénierie du bon sens
Au milieu des années 1990, le marché français vit à l’heure du monospace. Renault Espace, Citroën Evasion, Peugeot 806 imposent une nouvelle norme : espace, modularité, confort familial. Mais ces véhicules restent chers, volumineux, parfois guindés. Citroën, fidèle à sa quête d’innovation sociale, repère un vide : celui d’un véhicule familial abordable, spacieux, simple, sans chichis.
Le Berlingo, lancé en juillet 1996, apporte une réponse radicale. Plutôt que de partir d’une page blanche, les ingénieurs s’appuient sur la plateforme de la Citroën ZX. C’est surtout l’architecture qui marque la rupture. Pour la première fois, un petit utilitaire adopte une face avant harmonieuse, intégrée, loin de la greffe maladroite d’une cellule arrière sur une berline. Le profil est carré, vertical, optimisé pour le volume. Le coffre affiche 664 litres en version Multispace, contre à peine 300 litres sur une Citroën Saxo de l’époque.
Le mot « ludospace » n’existe pas encore. La presse spécialisée le créera peu après, contraction de « loisir » et de « monospace », pour qualifier ce nouveau genre. Le Berlingo en fixe les codes : hayon arrière, sièges escamotables, suspension confortable, modularité poussée et moteurs robustes.







Après le doute initial, une percée inattendue
Le lancement du Berlingo s’accompagne d’un scepticisme général. En interne, les commerciaux doutent et ne croient pas qu’une clientèle existe pour un utilitaire familial. La presse automobile partage cette méfiance. Certains essayeurs saluent l’espace et la modularité, mais pointent une finition sommaire, des motorisations bruyantes et un comportement routier rudimentaire.

Le public, lui, répond présent. Dès 1997, moins d’un an après son lancement, le Berlingo Multispace devient un succès inattendu. Familles nombreuses, artisans, professionnels du service à domicile découvrent un véhicule capable de tout transporter : enfants, bagages, matériel, avec un confort inédit pour le segment. Le prix, inférieur de 20 % à celui d’un monospace classique, fait basculer la décision d’achat.
« Ce qui a fait basculer, c’est la normalisation du véhicule », analyse Philippe Houzé, historien de l’automobile et auteur de plusieurs ouvrages sur Citroën. « Le Berlingo a réussi à effacer ses origines utilitaires. Il n’était plus perçu comme un compromis, mais comme un choix assumé. Une voiture intelligente, pas une voiture de pauvre. »
Côté utilitaire, le succès est tout aussi fulgurant. « Le Berlingo VU a eu un tel succès à son lancement en 1996 qu’on n’arrivait pas à fournir la demande », se souvient Christophe Hauville, Manager Produit du Berlingo de 1997 à 2008. « On avait donc considéré qu’il fallait garder le C15 pour faire de l’entrée de gamme et toucher la clientèle la plus large possible. »
Le moteur DW est réintroduit en 1998, lui permettant de franchir les nouvelles normes antipollution. Lors du remplacement des XD7 et XD9, le motoriste HDi DW10 TD prend le relais avec un étalement de puissance entre 70 et 90 chevaux.
Renault Kangoo : un concurrent de taille
En janvier 1997, Renault riposte avec son Kangoo. Le timing est serré, mais le modèle apporte une innovation majeure : la portière latérale coulissante. Une solution pratique, surtout en ville, que le Berlingo n’offre pas encore.
« Le Kangoo a failli nous prendre de vitesse », reconnaît un ancien responsable produit chez Citroën. La réponse ne tarde pas. En 1999, Citroën ajoute une première portière coulissante côté passager. En 2000, une seconde apparaît côté conducteur. Le duel est lancé. Pendant trois décennies, Berlingo et Kangoo s’affronteront sur tous les terrains : prix, équipements, motorisations, design.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette rivalité n’a pas tué le segment. Elle l’a enrichi. Les suspensions se sont modernisées, les moteurs sont montés en gamme, les équipements se sont multipliés.
Une longévité exceptionnelle, du C15 au Berlingo électrique
Le Berlingo n’est pas tombé du ciel. Il s’inscrit dans une lignée d’utilitaires malins lancés par Citroën depuis les années 1950. La 2 CV Fourgonnette, sortie en 1951, est déjà une voiture multifonction capable de transporter personnes et marchandises. A noter que le dernier Berlingo dispose d’un kit Caselani 2CV fourgonnette.




Puis arrive le C15 en 1984, dérivé de la Visa, qui tente sans grand succès une version 5 places.





C’est en 1996 que la formule trouve son équilibre. Trois générations se succèdent.
Première génération (1996-2008) : le modèle fondateur. Restylé en 2002, il adopte des phares carrés plus modernes et une face avant adoucie. En 2003, la version XTR tous-chemins arrive avec suspension rehaussée et différentiel à glissement limité. Un succès immédiat. Découvrez la dernière version XTR.
Deuxième génération (2008-2018) : plus grande, plus confortable, mieux insonorisée. Elle introduit le toit Modutop avec des rangements intégrés dans le pavillon. Le coffre atteint 775 litres.
Troisième génération (depuis 2018) : plus design, plus technologique. Elle partage sa plateforme avec le Peugeot Rifter et l’Opel Combo. Disponible en version 100 % électrique (ë-Berlingo), elle affiche jusqu’à 330 km d’autonomie.
Aujourd’hui, le Berlingo est produit en France (Mulhouse), en Espagne, au Portugal, au Maroc, en Turquie et en Argentine. Dans ce dernier pays, la première génération est toujours assemblée sous le nom de Berlingo Furgón, dans une version utilitaire diesel de 92 chevaux. Une preuve de sa robustesse et de sa simplicité.









Citroën Berlingo : une leçon de pragmatisme
Trente ans après sa naissance, le Berlingo incarne une certaine idée de l’automobile : sobre, intelligente, accessible. Il n’a jamais cherché à briller par le luxe ou la performance. Son ambition était ailleurs : rendre la mobilité plus simple, plus utile, plus humaine.
Dans un monde où les SUV imposent leur gabarit et leur consommation, où l’électrique rime souvent avec premium, le Berlingo reste un contre-pouvoir. À l’occasion de son trentième anniversaire célébré à la Ferme du Prieuré (78), nous avons eu la confirmation que tant qu’il y aura des familles, des artisans et des livreurs, il y aura un Berlingo quelque part sur la route.
Citroën nous réserve d’ailleurs deux belles surprises sur ce modèle atypique. Pour les découvrir, restez connectés sur MyUtilitaire.
Crédits photos Big Studio
FAQ
Quand le Citroën Berlingo a-t-il été lancé ?
Le Citroën Berlingo a été lancé en juillet 1996. Il célèbre donc ses 30 ans en 2026.
Combien d’exemplaires du Berlingo ont été produits ?
Plus de 4,2 millions d’exemplaires du Citroën Berlingo ont été produits dans le monde depuis 1996, toutes générations et motorisations confondues.
Qu’est-ce qu’un ludospace ?
Le mot ludospace est une contraction de « loisir » et « monospace ». Il désigne un véhicule familial polyvalent dérivé d’un utilitaire, avec hayon arrière, portières coulissantes et habitacle modulable. Le Berlingo en est l’inventeur en 1996.
Quelle est l’autonomie du ë-Berlingo électrique ?
Le ë-Berlingo, version 100 % électrique de la troisième génération, affiche jusqu’à 330 km d’autonomie.
Où est produit le Citroën Berlingo aujourd’hui ?
Le Berlingo est produit dans six pays : France (usine de Mulhouse), Espagne, Portugal, Maroc, Turquie et Argentine. En Argentine, c’est encore la première génération qui est assemblée sous le nom de Berlingo Furgón.
Quelle est la différence entre le Berlingo et le Peugeot Rifter ?
Le Berlingo et le Peugeot Rifter partagent la même plateforme technique au sein du groupe Stellantis, tout comme l’Opel Combo. Les différences portent principalement sur le design extérieur, la finition intérieure et le positionnement commercial de chaque marque.
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