Davantage que les chiffres de vente, la véritable mesure du succès d’un véhicule utilitaire se lit souvent sur les chantiers, dans les exploitations agricoles ou sur les quais de Rungis. À l’occasion d’une présentation presse des nouveautés Mercedes-Benz Utilitaires, avec notamment l’essai du eSprinter 81 kWh, nous avons rencontré trois artisans : restaurateur, maraîchère, menuisier. Tous ont accepté de raconter sans détour ce que représente un utilitaire Mercedes dans leur activité quotidienne d’artisan.
Un marché VUL sous tension, des professionnels toujours dépendants de leur outil
Le marché français des véhicules utilitaires légers traverse une période paradoxale. D’un côté, les immatriculations neuves reculent sous l’effet du ralentissement économique et du renchérissement des investissements. De l’autre, les professionnels demeurent dépendants de leurs véhicules, véritables outils de production. En 2025, le marché français des VUL neufs a reculé d’environ 5,6 %, à un peu plus de 360 000 immatriculations. Le parc en circulation atteint néanmoins environ 6,5 millions de véhicules, dont plus de la moitié sont utilisés par des professionnels.
Dans cet univers dominé par Renault, Peugeot et Citroën, Mercedes-Benz occupe une position particulière. Le constructeur allemand ne joue pas la bataille des volumes. Sa stratégie repose davantage sur la valeur, la durabilité et l’image de marque. Une approche qui trouve un écho particulier auprès de nombreux artisans.
« Le Vito me faisait rêver depuis 2005 » : vingt ans de Mercedes Vito en maraîchage
Dans son exploitation maraîchère (SARL Renard), Laure Boulangier utilise des Mercedes Vito depuis plus de vingt ans. Le premier est arrivé en 2005. Depuis, trois générations se sont succédé dans l’entreprise.
« Ce sont des véhicules robustes, polyvalents et qui tiennent dans le temps », explique-t-elle. Son Vito professionnel transporte aussi bien des légumes destinés aux associations que des outils agricoles ou des pièces de tracteur. Il sert parfois d’abri improvisé pour protéger des récoltes fragiles lorsqu’un orage menace.

L’attachement dépasse le cadre professionnel. En 2014, elle achète son premier Vito personnel avec sa cagnotte de mariage. Aujourd’hui encore, son Vito de 2018 l’accompagne au quotidien comme lors de déplacements de loisirs.
« Le Vito me faisait rêver depuis l’année de mon permis. J’en ai fait un véhicule capable de tout faire : aller travailler, transporter une moto, partir en festival ou emmener des amis. »
Pour cette agricultrice, la hauteur limitée du véhicule constitue un avantage décisif. Le Vito passe sous les portiques de 1,90 mètre, dans les parkings souterrains comme dans le tunnel de l’A86. Un détail qui change la vie lorsqu’un utilitaire doit aussi servir de véhicule personnel.
Le restaurateur qui voit son utilitaire Mercedes comme une vitrine
À quelques kilomètres de là, Romain Gicquel dirige deux restaurants (dont La Ferme de Voisins). Depuis 2007, il n’a connu que trois Vito.
Son premier critère n’était pas seulement la fonctionnalité.
« Je cherchais quelque chose de fiable et de qualitatif. Tant qu’à circuler avec un utilitaire, autant qu’il corresponde à l’image que l’on veut donner à son établissement. »
Pour ce chef d’entreprise, le véhicule est aussi un panneau publicitaire roulant. Chaque semaine, il effectue ses achats à Rungis, transporte les marchandises destinées à ses deux établissements et multiplie les déplacements professionnels.

Son Vito 114 CDI actuel, doté d’une boîte automatique, répond pleinement à ses attentes. Il loue la caméra de recul, le rayon de braquage et les rétroviseurs rabattables qui lui ont évité plusieurs déconvenues dans les rues parisiennes.
Mais la fidélité n’exclut pas la critique. Le restaurateur pointe un manque de rangements à bord.
« Nous avons besoin de solutions simples pour ranger les factures, les cartes d’accès à Rungis ou les documents de livraison. Ce sont des détails, mais dans une journée de travail, cela compte énormément. »
Son expérience rappelle une réalité souvent négligée dans la conception des utilitaires : la cabine est devenue un véritable bureau mobile.
Utilitaire électrique : le Vito électrique convainc certains artisans, mais pas tous
Les avis divergent le plus au sujet de la transition énergétique.
Artisan menuisier intervenant dans toute l’Île-de-France, Monsieur Krok (Atelier Krok) a franchi le pas du 100 % électrique avec un Mercedes Vito acheté neuf. Son calcul est avant tout économique.
« Je dépensais entre 600 et 700 euros de gazole par mois. Aujourd’hui, ma facture d’électricité dépasse rarement les 150 euros. »

Chaque jour, il parcourt plus de 100 kilomètres et recharge son véhicule tous les deux jours sur une borne domestique. Son autonomie réelle avoisine 300 kilomètres, un niveau qu’il juge suffisant pour son activité essentiellement francilienne.
Autre avantage cité : le stationnement gratuit à Paris pour les véhicules électriques enregistrés auprès de la Ville. Un argument qui pèse lourd pour les professionnels intervenant régulièrement dans la capitale.
Son seul reproche concerne l’absence de vitres arrière ouvrantes de série, qu’il considère comme un équipement indispensable.

Tous les utilisateurs ne partagent toutefois pas cet enthousiasme.
Romain Gicquel a testé un eVito avant de renouveler son véhicule. L’expérience ne l’a pas convaincu.
« Sur un trajet d’environ 70 kilomètres, j’ai perdu près de 120 kilomètres d’autonomie affichée. Pour un professionnel qui doit gérer des imprévus, cela reste trop juste. »
Même prudence chez Laure Boulangier. L’idée d’un modèle hybride la séduit pour ses trajets quotidiens de 24 kilomètres, mais elle refuse pour l’instant le tout-électrique.
« Ces véhicules sont faits pour parcourir de longues distances. Je ne suis pas prête à organiser mes déplacements en fonction des recharges. »
Ces réserves illustrent les difficultés persistantes de l’électrification du monde utilitaire. Malgré les progrès techniques, les professionnels continuent de privilégier la disponibilité immédiate et la flexibilité opérationnelle.
Fiabilité Mercedes : une réputation bâtie sur la durée
Au fil des entretiens, un mot revient constamment : la fiabilité. Laure Boulangier affirme n’avoir connu aucun problème majeur sur les Vito exploités dans sa société depuis vingt ans, hormis une panne d’injection isolée sur son véhicule personnel.
Monsieur Krok évoque quant à lui « la qualité allemande » comme principale raison de son passage chez Mercedes après plusieurs expériences chez Peugeot, Renault ou Toyota.

Même lorsqu’ils critiquent certains aspects du produit, ces utilisateurs restent fidèles à la marque. L’un souhaite davantage de rangements, l’autre des rétroviseurs mieux conçus, un troisième des équipements supplémentaires. Mais aucun n’envisage sérieusement de quitter Mercedes. Cette fidélité constitue sans doute l’un des principaux actifs du constructeur sur le marché français.
Après-vente Mercedes : le défi du coût du service
Un point de vigilance apparaît toutefois : le coût du service. Laure Boulangier juge le travail réalisé par le réseau Mercedes de qualité, mais regrette des procédures administratives lourdes et des coûts élevés. Pour l’entretien courant, elle privilégie désormais un garage de proximité.
À l’inverse, Monsieur Krok raconte une expérience d’achat particulièrement marquante lors de la livraison de son Vito électrique à Colmar : accueil en gare, présentation personnalisée du véhicule, paramétrage complet de la connectivité et remise symbolique des clés, avec une bouteille de champagne. « Un service cinq étoiles », résume-t-il.
L’enjeu pour Mercedes sera de maintenir ce niveau de satisfaction à mesure que les technologies se complexifient.
Vito, Sprinter : une gamme recentrée sur les professionnels
Mercedes-Benz a confirmé le retrait de ses petits utilitaires Citan et Classe T, dont la production doit s’arrêter mi-2026 sans remplaçant, pour concentrer ses moyens sur les Vito, Classe V et Sprinter. La marque renforce ainsi son positionnement sur les segments les plus rentables, en attendant la future génération construite sur l’architecture modulaire VAN.EA.
Les témoignages recueillis montrent que cette stratégie s’appuie sur une clientèle particulièrement attachée à ses véhicules. Pour ces artisans, restaurateurs ou agriculteurs, l’utilitaire n’est pas un simple moyen de transport. C’est un outil de travail, un bureau mobile, parfois même un élément de leur identité professionnelle.
À l’heure où le marché s’interroge sur son avenir énergétique, Mercedes-Benz conserve un avantage difficilement quantifiable dans les statistiques : la confiance accumulée au fil des kilomètres. Une confiance qui explique pourquoi, malgré les critiques, les défauts relevés ou les coûts d’entretien parfois élevés, la plupart de ces professionnels envisagent déjà leur prochain Mercedes.
FAQ
Pourquoi les artisans choisissent-ils un Mercedes Vito plutôt qu’un concurrent français ?
Les professionnels interrogés citent en premier la fiabilité et la longévité, puis l’image de marque véhiculée auprès de leurs clients. La hauteur inférieure à 1,90 mètre du Vito, compatible avec les parkings souterrains et certains tunnels franciliens, est aussi un critère décisif pour un usage mixte pro et perso.
Le Vito électrique est-il adapté à une activité artisanale ?
Cela dépend du profil de trajets. Avec une autonomie réelle proche de 300 kilomètres, il convient à un artisan effectuant une centaine de kilomètres par jour en zone urbaine ou périurbaine, avec recharge à domicile. Les professionnels aux trajets longs ou imprévisibles restent plus réservés.
Mercedes arrête-t-il ses petits utilitaires ?
Oui. Le Citan et la Classe T cessent leur production mi-2026, sans remplaçant annoncé. Mercedes-Benz concentre sa gamme utilitaire sur les Vito, Classe V et Sprinter.
L’entretien d’un utilitaire Mercedes coûte-t-il plus cher ?
Les utilisateurs jugent le réseau de qualité mais pointent des tarifs élevés et des procédures parfois lourdes. Certains professionnels confient l’entretien courant à un garage de proximité et réservent le réseau constructeur aux interventions techniques majeures.
