La trousse de secours est-elle obligatoire dans un véhicule utilitaire ?

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Un accident sur une départementale, un blessé au bord de la route, et vous, premier arrivé sur les lieux. Dans ces minutes-là, une simple trousse de secours rangée derrière le siège peut changer le cours des choses. Pourtant, la loi française ne vous oblige pas à en avoir une dans votre utilitaire… sauf dans certains cas bien précis que beaucoup de professionnels ignorent. On démêle le vrai du faux.

Ce que le Code de la route impose vraiment à bord d’un utilitaire

Commençons par balayer une idée reçue : non, la trousse de secours ne figure pas sur la liste des équipements exigés par le Code de la route. En revanche, cette liste existe bel et bien, et un contrôle routier ne pardonne pas les oublis. À la clé en cas de manquement : une contravention, parfois assortie d’un retrait de points.

Le gilet jaune et le triangle, le duo incontournable

Le gilet rétro-réfléchissant, marqué CE, doit rester accessible depuis le poste de conduite — dans le vide-poche de portière plutôt qu’au fond de la soute, donc. Le triangle de présignalisation doit quant à lui porter le marquage E 27 R. Deux équipements basiques, mais systématiquement vérifiés lors des contrôles.

Éclairage, klaxon, plaques : le b.a.-ba du contrôle

L’ensemble des feux doit fonctionner : feux de route, de croisement, de position, de brouillard arrière, clignotants, feux stop, feux de détresse et éclairage de plaque. L’avertisseur sonore doit être homologué, et son usage reste encadré — en ville, il est réservé au danger immédiat. Les plaques d’immatriculation homologuées sont obligatoires sur tous les utilitaires à moteur, à l’exception des engins de travaux publics. Enfin, le pare-brise et les vitres latérales avant doivent offrir une transparence suffisante, ce qui condamne les films trop teintés à l’avant.

Pneus et loi Montagne : vigilance en hiver

Rouler avec des pneus endommagés est formellement interdit, et la roue de secours, sans être imposée, reste chaudement recommandée avec son outillage. Autre point à connaître : dans les communes concernées par la loi Montagne, pneus hiver, chaînes ou chaussettes à neige sont exigés du 1er novembre au 31 mars. Aucune amende n’est appliquée à ce jour, faute de décret, mais les forces de l’ordre multiplient les rappels à la loi — et la liste des communes est consultable sur le site de la Sécurité routière.

Trousse de secours : pas d’obligation… sauf pour les professionnels

C’est là que le sujet devient intéressant. Pour un particulier au volant de son fourgon, aucun texte n’impose de kit de premiers secours. Mais dès que l’utilitaire devient un outil de travail, le Code du travail entre en scène.

L’article R4224-14 change la donne

Ce texte prévoit que les lieux de travail soient équipés « d’un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible ». Or, pour un salarié itinérant, le véhicule est un lieu de travail à part entière. Conséquence directe : de nombreux utilitaires professionnels doivent embarquer une trousse de secours.

Qui est concerné ?

Tous ceux qui passent l’essentiel de leur journée sur la route dans le cadre de leur activité : livreurs, chauffeurs de taxi, conducteurs de poids lourds, déménageurs, chauffeurs de bus et d’autocar, artisans et équipes du BTP, convoyeurs de fonds ou encore ambulanciers. Si vous êtes employeur dans l’un de ces secteurs, la question mérite d’être posée à votre médecin du travail sans attendre.

Que doit contenir la trousse de secours d’un véhicule professionnel ?

Pour les véhicules de transport en commun, l’annexe 10 de l’arrêté du 2 juillet 1982 fixe un contenu minimal précis :

  • protection du secouriste : 2 paires de gants à usage unique et 1 masque de protection à usage unique permettant la ventilation artificielle ;
  • soin des plaies : 2 compresses stériles en conditionnement individuel, 1 assortiment de pansements de différentes tailles, 1 rouleau de sparadrap, 3 serviettes nettoyantes à usage unique (ou 3 monodoses d’antiseptique cutané) et 1 bande de gaze élastique ;
  • matériel divers : 1 paire de ciseaux et 1 couverture de survie isotherme.

Pour tous les autres véhicules professionnels — camions, véhicules de chantier ou de maintenance, taxis , c’est le médecin du travail de l’entreprise qui détermine la composition de la trousse, en fonction des risques du métier.

Quel budget prévoir ?

Bonne nouvelle : la sécurité ne coûte pas cher. Une trousse standard conforme à la norme DIN 13164 se négocie entre 10 et 20 euros. Comptez 20 à 30 euros pour un modèle plus complet, enrichi de pansements pour brûlures ou d’une pince à échardes. Les marques distributeurs tirent les prix vers le bas, tandis que les enseignes spécialisées dans le secourisme montent en gamme — et en tarif. Côté points de vente, vous avez l’embarras du choix : pharmacie, grande surface, magasin de bricolage, centre auto ou sites spécialisés en ligne.

Et pour aller plus loin dans l’équipement ?

Puisqu’on parle de prévoyance, quelques accessoires complètent utilement la panoplie : un éthylotest non usagé (il n’est d’ailleurs plus obligatoire à bord depuis 2020, mais reste malin), un extincteur portatif, un marteau brise-vitre couplé à un coupe-ceinture, une lampe torche, un coffret d’ampoules, des pinces crocodiles et une paire de gants de protection. Avoir de quoi manger et boire n’est pas négligeable non plus en cas d’immobilisation. De quoi transformer votre fourgon en véhicule paré à toutes les situations.

Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir si la trousse de secours est obligatoire, mais si l’on peut raisonnablement s’en passer. Pour une vingtaine d’euros et l’équivalent d’une boîte à chaussures dans la soute, l’affaire est entendue. Reste le plus important : savoir s’en servir. Une initiation aux gestes qui sauvent, auprès des pompiers ou de la Croix-Rouge, reste le meilleur complément à glisser derrière le siège.

FAQ

La trousse de secours est-elle obligatoire dans un utilitaire en France ?

Non, le Code de la route ne l’impose pas, ni pour les particuliers ni pour les entreprises. En revanche, l’article R4224-14 du Code du travail oblige les employeurs à mettre un matériel de premiers secours à disposition des salariés itinérants : dans les faits, de nombreux utilitaires professionnels doivent donc en être équipés.

Que doit contenir une trousse de secours pour un véhicule professionnel ?

Pour les transports en commun, l’arrêté du 2 juillet 1982 (annexe 10) impose un contenu minimal : gants et masque de protection, compresses stériles, pansements, sparadrap, antiseptique, bande de gaze, ciseaux et couverture de survie. Pour les autres véhicules professionnels, le contenu est défini par le médecin du travail selon les risques de l’activité concernée.

Combien coûte une trousse de secours pour utilitaire ?

Entre 10 et 20 euros pour un kit standard conforme à la norme DIN 13164, et de 20 à 30 euros pour une trousse enrichie. Elle s’achète en pharmacie, en grande surface, en centre auto ou sur les sites spécialisés en secourisme.

Quels sont les équipements réellement obligatoires dans un utilitaire ?

Le gilet jaune rétro-réfléchissant, le triangle de présignalisation, un éclairage complet en état de marche, un klaxon homologué, des plaques d’immatriculation homologuées, des pneus en bon état et des vitres avant suffisamment transparentes. En zone de montagne, des équipements hivernaux sont également exigés du 1er novembre au 31 mars.

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