Le marché français des véhicules utilitaires légers accueille un nouvel entrant chinois. Farizon, filiale VUL du groupe Geely, a démarré ses activités commerciales dans l’Hexagone le 30 avril 2026 avec deux fourgons 100 % électriques au catalogue. Au programme : un déploiement réseau ambitieux, des objectifs de volumes élevés et un partenariat financier avec BNP Paribas. Tour d’horizon du nouvel acteur.
Farizon, un poids lourd chinois encore méconnu en France
Une filiale stratégique du groupe Geely
Fondée en 2014, Farizon est la branche dédiée aux véhicules utilitaires du conglomérat Geely, également propriétaire de Volvo, Polestar, Lotus ou encore Smart. Si la marque reste largement inconnue en France, elle pèse pourtant lourd à l’échelle internationale. En 2025, Farizon a écoulé 500 000 unités à travers le monde, représentant 12,2 % des ventes globales du groupe Geely. Une position qui en fait l’un des principaux acteurs du VUL en Chine.
Une expansion européenne méthodique depuis 2024
Farizon n’arrive pas en France sans préparation. Depuis 2024, la marque a investi progressivement plusieurs marchés européens : Royaume-Uni, Benelux, Portugal, Espagne, Autriche, Serbie et Grèce. En 2026, le constructeur passe à la vitesse supérieure avec deux lancements simultanés sur les deux plus grands marchés VUL d’Europe continentale : l’Allemagne et la France.

Pour Jack Zhu, vice-président de Farizon Auto International, le timing n’est pas anodin. Selon lui, la France se trouve en première ligne de la transformation du transport commercial européen, et les opérateurs français prennent aujourd’hui des décisions structurantes pour leurs flottes de la prochaine décennie.
Jusqu’ici, l’offre chinoise sur le marché français se résumait à Maxus, filiale de SAIC, arrivée fin 2023. Avec Farizon, la concurrence s’intensifie sur le segment du fourgon électrique, historiquement dominé par Renault, Peugeot et Citroën.
Une gamme française articulée autour de deux fourgons électriques
Le SV, vaisseau amiral
Le Farizon SV (pour SuperVan) constitue le porte-étendard de la marque dans l’Hexagone. Ce grand fourgon électrique se positionne en concurrent direct du Renault Master E-Tech assemblé à Batilly et qui a gagné déjà de nombreux prix. La concurrence vient aussi du eDeliver9 de Maxus. En France, le SV est proposé dans deux configurations : L2H3 (11,22 m³) et L3H3 (13 m³).
Sa motorisation s’appuie sur deux options de batterie fournies par CATL :
- une batterie LFP de 83 kWh, offrant 319 km d’autonomie WLTP ;
- une batterie NMC de 106 kWh, montant à 398 km WLTP.
La consommation annoncée est de 24,3 kWh/100 km en cycle mixte WLTP. Les versions châssis-cabine du SV ne seront pas disponibles avant 2027, et une version améliorée du modèle est annoncée pour 2028.

Le V7E, alternative compacte au Renault Trafic E-Tech
Lancé en Chine en juin 2025, le V7E est le second pilier de l’offre française. Il s’attaque au segment du Renault Trafic E-Tech, en n’étant proposé qu’en version L1H1, avec un volume utile pouvant atteindre 7 m³ et une charge utile d’environ 1 243 kg.
Deux batteries sont également au programme : 50 kWh ou 67 kWh, pour une autonomie maximale de 328 km WLTP.

Une grille tarifaire positionnée sur le haut de gamme
Voici les tarifs HT pratiqués au lancement français :
| Modèle | Configuration | Batterie | Prix HT |
|---|---|---|---|
| Farizon V7E | L1H1 | 50 kWh | 32 800 € |
| Farizon V7E | L1H1 | 67 kWh | 35 900 € |
| Farizon SV | L2H3 | 83 kWh (LFP) | 49 000 € |
| Farizon SV | L3H3 | 106 kWh (NMC) | 53 700 € |
À noter : sur les autres marchés européens où le SV est disponible dans des configurations plus petites, l’entrée de gamme démarre à 39 900 € HT. Le choix de Farizon pour la France est donc clair : se concentrer sur les configurations les plus capacitaires, là où la demande professionnelle est la plus forte.
Un déploiement réseau ambitieux à horizon 2030
La feuille de route stratégique sur cinq ans présentée par Farizon prévoit un déploiement réseau structuré, reposant sur des partenaires français dont les premiers noms seront communiqués au cours du mois de mai 2026.
Le calendrier annoncé est le suivant :
- Fin 2026 : 20 points de vente et 40 ateliers
- 2028 : jusqu’à 50 points de vente et 100 ateliers
- 2030 : jusqu’à 90 points de vente et 180 ateliers
En parallèle, le constructeur mène des discussions avec des carrossiers français en vue d’offrir des possibilités de personnalisation à ses utilitaires — un point clé pour adresser les flottes aux besoins métiers spécifiques.
Financement, garantie et CEE : les leviers commerciaux de Farizon
Pour faciliter l’acquisition de ses véhicules, Farizon a annoncé la signature d’un partenariat avec BNP Paribas, qui assurera le financement de ses modèles sur le marché français. Côté garantie, la marque s’aligne sur les standards les plus protecteurs du segment : 5 ans ou 200 000 km sur le véhicule, et 8 ans ou 400 000 km sur la batterie.
Toutefois, un point de vigilance demeure pour les gestionnaires de flottes : les fourgons Farizon étant fabriqués en Chine, ils ne sont pas éligibles à l’écoscore et relèvent donc du régime de base des nouveaux CEE appliqués aux utilitaires légers. Un paramètre à intégrer dans les calculs de TCO face à des concurrents européens éligibles à des primes plus élevées.
Des objectifs de volumes audacieux face aux constructeurs historiques
Farizon ne cache pas ses ambitions sur le marché français. La marque vise :
- 500 unités dès sa première année (2026)
- 5 000 unités annuelles d’ici 2028
- 10 000 ventes par an d’ici 2030
À titre de comparaison, Maxus, l’autre constructeur chinois présent en France, n’a immatriculé que 1 199 véhicules en 2025, deux ans après son arrivée. L’objectif paraît particulièrement ambitieux dans un marché historiquement très orienté vers les constructeurs nationaux que sont Renault, Peugeot et Citroën.
Sur le plan produit, Farizon a également dévoilé son calendrier à moyen terme : arrivée des versions châssis-cabine du SV en 2027, version améliorée du grand fourgon en 2028, et lancement la même année d’un petit utilitaire concurrent du Renault Kangoo E-Tech. De quoi compléter une gamme aujourd’hui exclusivement positionnée sur le moyen et grand fourgon.
FAQ
Quand Farizon a-t-il officiellement débuté ses ventes en France ?
Farizon a officialisé le lancement de ses activités commerciales en France le 30 avril 2026, simultanément à son arrivée sur le marché allemand.
Quels modèles Farizon sont disponibles à la commercialisation ?
Au lancement, deux fourgons 100 % électriques sont au catalogue : le SV (grand fourgon, L2H3 et L3H3) et le V7E (fourgon compact, L1H1). Les versions châssis-cabine du SV arriveront en 2027.
Les utilitaires Farizon sont-ils éligibles aux nouveaux CEE ?
Étant fabriqués en Chine, les fourgons Farizon ne sont pas éligibles à l’écoscore et relèvent du régime de base des nouveaux CEE appliqués aux utilitaires légers, contrairement à des concurrents européens comme le Renault Master E-Tech.
Quel est le calendrier produit de Farizon en France ?
Après le lancement du SV et du V7E en 2026, les versions châssis-cabine du SV sont attendues en 2027. En 2028, Farizon proposera une version améliorée du SV ainsi qu’un petit utilitaire concurrent du Renault Kangoo E-Tech.
Qui distribuera les véhicules Farizon dans l’Hexagone ?
Farizon s’appuiera sur un réseau de partenaires français. Les premiers noms d’investisseurs et concessionnaires seront communiqués au cours du mois de mai 2026, pour une montée en puissance progressive jusqu’à 90 points de vente et 180 ateliers d’ici 2030.
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